Archives de octobre, 2011
Puis il y a eu distribution pour chacun d’un nouveau vêtement, ils étaient appelés chacun leur tour, à venir le recevoir des mains des invites ou des nôtres, et repartaient s’asseoir les yeux tout pétillants!Le 24 octobre…
Je sais qu’il commence à faire froid en France alors je vous envoie un peu de chaleur… car ici, il fait vraiment lourd… le temps n’est pas très agréable en fait, car en période de mousson, il fait presque toujours gris, le soleil est souvent voilé, ça peut être un peu triste… surtout pour moi qui suis une de ses plus fidèles partenaires!.. Demain soir débute la célébration de Diwali, qui est l’une des grosses fêtes de l’année pour les hindous (même s’il y en à tout le temps des fêtes!! franchement avec notre Noël/jour de l’an et vague 14 juillet, on a l’air de rigolos
) On a pris nos mensurations et fait faire des vêtements pour l’occasion… j’ai hâte de voir!!.. Les hindous dessinent pour l’occasion des motifs appelés kolam ou rangoli (qui signifie forme, beauté…) sur le seuil des portes, a la craie ou a l’aide d’une pâte faire a base de farine de riz ( comme ça même les plus petits insectes peuvent le manger, symbole de respect pour toute forme de vie…) A ce propos, les jeunes filles, des toutes petites, ont un geste très sur pour tout… c’est très impressionnant… lorsqu’elles dessinent sur le pave, lorsqu’elles chantent… je ressens la une telle différence dans la nature du geste par rapport a nous! Mais ils dessinent, chantent pour certains ou dansent pour d’autres depuis le berceau…
Retour dimanche matin en bus en fin de matinée mais en fait, je ne peux résister à faire un tout petit tour a la maternité!.. En rentrant, j’achète un ballon pour les enfants de l’orphelinat, que j’ai hâte de retrouver… on nous a conseillé de ne rien offrir a l’un d’entre eux en particulier, ce qui a du sens… Des que j’en prends un dans mes bras, un autre enfant, même tout petit, me dit "no sister!" en me faisant le geste de porter… ils doivent savoir ou sentir qu’il ne vaut mieux pas que des attaches physiques se créent… c’est très dur parfois…
Finalement, l’orphelinat commençait à me manquer, l’accueil du week-end était très chouette mais tout ça manquait beaucoup de naturel pour moi, je sens que je préfère 1000 fois me retrouver la, ou c’est à moi de me joindre a eux sans qu’il n’y ait rien d’exceptionnel a cela, de me fondre du mieux que je peux, à vivre normalement… être accueillie avec tambour (oui oui!) même sans trompette etait bizarre…
Enfin, premier petit blues aussi car je ressens de plus en plus de choses, vis-à vis des enfants, des vraies attaches… je pressens le mal que j’aurai a les quitter…
Même si je suis hors de tout repères, surtout ici, ça ne m’est pas difficile, je sens presque que je pourrais être bien n’importe ou, et que c’est justement la vie qu’on a à vivre dans nos pays qui est difficile, quand on n’a pas envie d’en être complice, quand on n’a pas envie d’en accepter toutes les règles, et injustices… comme si le voyage était un pays en soi… dans lequel on se sentirait plus libre…"
Cela dit, pour redevenir sérieuse, je ne me verrais pas enlever des enfants de l’orphelinat une fois qu’ils y sont, c’est comme une grande famille et ils ont l’air très heureux… début d’une grande réflexion…"
Je suis installée parterre – je commence d’ailleurs à sentir que ce n’est pas mon habitude… et donc a accepter une chaise qu’elles me proposent systématiquement pour manger depuis le début, chose je repoussais à l’époque farouchement, légèrement vexée…
– je suis donc installée PARTERRE dans le réfectoire ou beaucoup des filles et quelques garçons de l’orphelinat regardent la télé en coupant des oignons, en roulant des doris (sorte de chapati), en pelant de l’ail, ou en pressant la chair de noix de coco, tout ça évidemment sans couteau ou instrument qui nous serait familier…"
"Petite pause sur le toit…
J’ai pu trouver un cyber qui n’est pas trop loin… ça me rassure un peu pour l’instant… Je suis la seule occidentale a des kilomètres a la ronde, dans un petit village de la banlieue de Madurai, au sud de l’Inde… pas de quoi trouver du papier toilette… faut s’y faire… je regarde mon dernier paquet de mouchoirs comme mon bien le plus précieux…
Ce matin, encore complètement décalée, mais le soleil m’a éveillée… J’ai déjeuné avec les touts petits parterre, tous alignés, assis contre le mur avec leur gamelle et moi la mienne! Je ne sais toujours pas ce que j’ai mangé mais c’est tellement bon… et toujours végé, forcement, dans cette partie de l’Inde…
Un rickshaw est venu me chercher ce matin pour m’indiquer le chemin jusqu’à la maternité, que je ferai plus tard a pieds, nous avons traverse un quasi lac de boue, conséquence de la mousson qui est encore très forte a cette période, bien qu’il n’y en ait plus pour longtemps…
Quelqu’un m’a fait visiter l’hôpital dans lequel se trouve la maternité, j’y travaillerai de 9h a 12h30 tous les matins, compter avec les horaires indiens, c’est-a-dire possiblement flexibles! C’est étrange, je ne sais pas trop si je suis attendue, je n’arrive pas a le savoir d’ailleurs, j’ai l’impression qu’ils se demandent ce que je fais la, j’ai l’impression d’être plutôt embarrassante, ce n’est pas très confortable!.. Je me répète qu’un temps d’adaptation est nécessaire mais pour l’instant c’est assez difficile a vivre… On m’a emmenée voir les prématurés, poses a l’intérieur de gros blocs de ciment, creuses a la taille de petits lits… je n’ai pas les mots pour expliquer… je crois que je n’ai jamais vu d’enfants si petits…
J’ai donc ensuite passe la matinée a la maternité, ou personne ne parle anglais quasiment, donc on essaie autre chose!! Moi qui avait peur de ne plus assez bien maîtriser la langue, je suis rassurée et me rends compte que le problème avant tout est l’accent!..
Ce qui est bien avec les nourrissons, c’est qu’il n’y a pas besoin de mots…"
Le 15 octobre…
"Aujourd’hui est un jour nouveau… j’ai commencé à prendre mes marques… à rouler les "r" pour me faire comprendre, a intégrer le non de la tête pour un oui, à aimer leur flegme bienveillant, a rouler le riz dans la sauce comme personne, a écrire mon nom en hindi, a laver mon linge avec un pain de lessive, je ne pensais pas avoir a le faire déjà mais après quelques matinées passées a la maternité, ou la petite dizaine d’orphelins se relaie pour me faire par exemple, pipi dessus, et c’est le plus sympa… je m’y mets!!
Je reviens aussi sur ce que j’ai dit précédemment a propos du lavage, c’est très important pour eux, c’est le "comment "qui diffère! Ils se "baignent" tous les jours et se changent en revenant de l’école pour pouvoir jouer et ne pas abîmer leur uniforme. Les jeunes filles de l’orphelinat sont très élégantes et coquettes, je suis la seule a ne pas porter de bijoux (à part ma fausse alliance, garante de moins d’ennuis pour mon voyage seule a suivre…) et elles se demandent pourquoi?!
A la maternité il n’y a pas de couche, et finalement ( à part qu’il faille être présent!..) la technique et au point et pas de problème d’irritations quelconques! Ils utilisent des carres de toile cirée découpée qu’ils glissent sous les popotins dans les lits ou bien dans lesquels ils portent le bébé afin de limiter les dégâts… ça se lave hyper facilement et au sol c’est du carrelage évidemment…
Pour les petits, quand il y a de la matière (joliment dit non?!
c’est sous le robinet direct, ou si c’est juste pipi, pour les filles on essuie et pour les garçons, même pas besoin:ça part en jet direct sur le carrelage
pas plus complique que ça!
J’écris tout ça alors que je suis entourée des touts petits de l’orphelinat, autour des 3/4 ans je pense, qui goûtent… du soya vert je pense, ils sont par 4 autour d’une gamelle ronde ou sont disposés 4 parts. Personne ne pique la part de personne, alors que c’est pourtant dans la même assiette!..
Une des petites est sourde, je comprends maintenant son signe pour "jouer", quant a "pende" ça veut dire "ballon"… j’y vais!!
Ils ont tous des rôles à jouer, de 3 a 15 ans, les touts petits balaient, les 6/8 ans leur servent a manger, les 10/13 servent et surveillent la prière avec branche de bois a l’appui pour ceux qui ne se tiendraient pas droit! Les filles se font les tresses (s’enlèvent parfois les poux…et oui…), etc… certaines plus agées qui ne vont plus a l’école font les leçons, a manger, ou encore la lessive… Tout le monde s’occupe de tout le monde, ils sont tous "sisters and brothers" même s’ils s’appellent par leur prénom, mais pour ma part c’est devenu mon surnom, j’ai des "sister" en continu des que je mets un de mes deux pieds hors de la chambre
J’ai fait la leçon pour les touts petits, leur maîtresse a une grande partie du corps et le visage brûle, mais c’est une très belle femme… elle m’apprend des mots a moi aussi
dans leur langue… Ce soir elle m’a donné des livres d’enfants avec des mots a connaître en anglais et après qu’ils me les aient dits en "tamil", je leur disais en anglais et ils répétaient tous ensembles, bon échange!
Il y a une grande rigueur je trouve pendant l’étude et évidemment la prière, il y a un temps pour tout, et beaucoup d’obéissance…
Je m’en vais jouer au ballon avec une mappemonde gonflable, c’est drôle quand j’y pense… je démarre avec Leprest et finis avec Chaplin…
A bientôt…"



